Il avait un ami, un ami étrange, qui avait la mauvaise habitude d'aider Nicolas. Pour tout le monde, aider est quelque chose de gentil, mais pour son ami, c'était quelque chose de dangereux. Car son ami, c'était Jonathan Steam, un violent de naissance. S'il avait atterrit là, c'est que toute les autres villages l'avait rejeté. Tout le monde allait même jusqu'à dire que c'était un tueur, mais ce n'était que des rumeurs, insensés et infondés.
Puis, Nicolas eut sa première peine d'amour. Et quand le monde entier s'écroula, quelqu'un se trouvait là. Ses vêtements noirs cachant ses mouvements , il s'approcha , et lui redonna la joie. Quand les larmes coulaient, ses paroles semblaient les assécher. Comme un ange, tombé du ciel. Toujours avec ce sourire, presque trop blanc.
Et un jour, quand tout allait bien, sa vie était heureuse, la voiture d'un ivrogne frappa de plein fouet Steam, qui succomba en quelques secondes à ses blessures. Ce fut un enterrement somptueux, et Nicolas y versa toute sa joie, enfermé dans la tombe. Après ce jour là, le seul sourire que l'on put lui soutirer, c'était en évoquant le mort. Son seul nom l'irradiait de joie.
Un jour, lorsqu'il arriva dans son bureau, au fond de son sous-sol, une boîte l'attendait. Sur le dessus une note était posé.
Une petite Flamme.
Le jour que je descendis sur terre, j'offris le fruit protégé aux humains, le feu. Les humains en profitèrent et furent heureux, mais se jetèrent en même temps dans un enfer. Le plus grand danger désormais, c'était eux, eux et leur avenir destructrice.
Il ne put s'empêcher de l'ouvrir, mais
dès que le couvercle fut soulevé de quelques millimètres, il le
reposa et le jeta derrière le bureau, dans un coin où s'accumulait
déjà de la poussière. Le temps passa, lentement il fit son chemin.
Nicolas grandit et vieillit. Il vécu sa vie comme tout le monde, eut
un enfant unique, James.
Plus tard, James, maintenant âgé de
18 ans, pris le bureau comme chambre. En faisant le ménage, il
trouva une boite, dessous toute la poussière, avec une petite note.
Lui, peut-être pas aussi résistant que son père,l'ouvrit, révélant
un objet qu'il connaissait bien. Un fusil argent et or, avec la
sombre inscription Steam. Une partie de lui voulu reposer
l'objet à sa place et ne plus y repenser. Mais une autre part, celle
qui gagna, le fit prendre le fusil dans ses jeunes mains.
-Salut Nicolas, tu as finalement trouvé
mon cadeau.
James fit volte-face et dévisagea un
homme, à peu près de son âge, avec une chemise noire et habillé
de son sourire en coin. James ouvrit la bouche, mais aucun son en
sortit. Il prit une profonde inspiration, et commença à articuler,
lentement.
-Je ne suis pas celui que vous pensez,
je suis son fils, qu'il hurla en à s'arracher les poumons, de colère
et de désespoir.
-Son fils? Voilà une situation bien
étrange, tu ne trouves pas? Il a donc su me résister un peu plus
que de mon vivant. Ce n'est pas grave, tu es de son sang, et de ton
sang je revivrai.
Sur ce, il disparu, le laissant seul
face à ses inquiétudes. Il voulut jeter le fusil au loin, mais
quelque chose le tirait, une volonté, un sentiment nouveau. Un rire
surgit de sa gorge, un rire qui combla la salle dans ses moindres
espaces, un rire démentiel.
**
Le soleil lui emplissait ses yeux et le
contact de ses chauds rayons le réconfortait. Mais il sentait sa
présence, froide et dure, lui collant à la peau comme une sangsue.
Le fusil était toujours là. Il y porta sa main, aussi glacial que
le métal, et puis visa les airs, il visait le cœur de Dieu, car il
en avait envie. Ce n'était pas du plaisir, mais de la rage. Comme il
ne pouvait tuer les hommes un à un, il tuerait leur père. Puis il
se résigna. Il baissa lentement son arme, et comme le canon pointait
un homme assit, la poudre éclata et la balle jaillit. Il n'avait pas
appuyer sur la gâchette, et il n'aurait pas voulu. La balle
transperça le vieil homme au cheveux gris.
-Vous ne vouliez pas, n'est-ce pas? Fit
Nicolas, enfin une partie de lui
-Qui êtes-vous, que me voulez-vous
enfin!
Un sourire esquissa sur ses lèvres, un
sourire chaleureux, remplit de bonté. Jonathan lui tendait la main.
Il pleurait, et chaque goutte d'eau salé qui lui traversait le
visage semblait le mutiler. On avait tant tué par cet homme. Il
était partout où les hommes vivaient, pourtant personne ne le
voyait, ou tous le niait. Personne ne la violence, ni les violents,
ni ceux qui la subissaient. On ne faisait que vivre la colère.
On dit que ce jour-là, James a
disparu. Et dans un lac de larmes, un petit objet brillait
faiblement. La plupart disent que c'était son fusil, ce qui serait
logique. Mais non, c'était de la violence que naquit quelque chose
de plus pur. Une petite croix en argent, comme pour s'excuser de la
bêtise du monde.