dimanche 18 août 2013

Steam, la violence. Âme 2

C'était un type bien, un bon gars. Tout le monde l'aimait bien, et il aimait bien tout le monde; c'était aussi simple que cela. Il avait une petite vie tranquille, il n'avait pas vraiment de but, mais il savait que peut importe ce que lui réserverait l'avenir, il l'accepterait et il serait heureux avec ça. Étrangement, il n'avait pas d'histoire, pas de passé, du moins, personne ne le connaissait avant son arrivé dans la petite ville.


Il avait un ami, un ami étrange, qui avait la mauvaise habitude d'aider Nicolas. Pour tout le monde, aider est quelque chose de gentil, mais pour son ami, c'était quelque chose de dangereux. Car son ami, c'était Jonathan Steam, un violent de naissance. S'il avait atterrit là, c'est que toute les autres villages l'avait rejeté. Tout le monde allait même jusqu'à dire que c'était un tueur, mais ce n'était que des rumeurs, insensés et infondés.


Puis, Nicolas eut sa première peine d'amour. Et quand le monde entier s'écroula, quelqu'un se trouvait là. Ses vêtements noirs cachant ses mouvements , il s'approcha , et lui redonna la joie. Quand les larmes coulaient, ses paroles semblaient les assécher. Comme un ange, tombé du ciel. Toujours avec ce sourire, presque trop blanc.


Et un jour, quand tout allait bien, sa vie était heureuse, la voiture d'un ivrogne frappa de plein fouet Steam, qui succomba en quelques secondes à ses blessures. Ce fut un enterrement somptueux, et Nicolas y versa toute sa joie, enfermé dans la tombe. Après ce jour là, le seul sourire que l'on put lui soutirer, c'était en évoquant le mort. Son seul nom l'irradiait de joie.


Un jour, lorsqu'il arriva dans son bureau, au fond de son sous-sol, une boîte l'attendait. Sur le dessus une note était posé.


Une petite Flamme.
Le jour que je descendis sur terre, j'offris le fruit protégé aux humains, le feu. Les humains en profitèrent et furent heureux, mais se jetèrent en même temps dans un enfer. Le plus grand danger désormais, c'était eux, eux et leur avenir destructrice.


Il ne put s'empêcher de l'ouvrir, mais dès que le couvercle fut soulevé de quelques millimètres, il le reposa et le jeta derrière le bureau, dans un coin où s'accumulait déjà de la poussière. Le temps passa, lentement il fit son chemin. Nicolas grandit et vieillit. Il vécu sa vie comme tout le monde, eut un enfant unique, James.

Plus tard, James, maintenant âgé de 18 ans, pris le bureau comme chambre. En faisant le ménage, il trouva une boite, dessous toute la poussière, avec une petite note. Lui, peut-être pas aussi résistant que son père,l'ouvrit, révélant un objet qu'il connaissait bien. Un fusil argent et or, avec la sombre inscription Steam. Une partie de lui voulu reposer l'objet à sa place et ne plus y repenser. Mais une autre part, celle qui gagna, le fit prendre le fusil dans ses jeunes mains.

-Salut Nicolas, tu as finalement trouvé mon cadeau.

James fit volte-face et dévisagea un homme, à peu près de son âge, avec une chemise noire et habillé de son sourire en coin. James ouvrit la bouche, mais aucun son en sortit. Il prit une profonde inspiration, et commença à articuler, lentement.

-Je ne suis pas celui que vous pensez, je suis son fils, qu'il hurla en à s'arracher les poumons, de colère et de désespoir.
-Son fils? Voilà une situation bien étrange, tu ne trouves pas? Il a donc su me résister un peu plus que de mon vivant. Ce n'est pas grave, tu es de son sang, et de ton sang je revivrai.

Sur ce, il disparu, le laissant seul face à ses inquiétudes. Il voulut jeter le fusil au loin, mais quelque chose le tirait, une volonté, un sentiment nouveau. Un rire surgit de sa gorge, un rire qui combla la salle dans ses moindres espaces, un rire démentiel.

**
Le soleil lui emplissait ses yeux et le contact de ses chauds rayons le réconfortait. Mais il sentait sa présence, froide et dure, lui collant à la peau comme une sangsue. Le fusil était toujours là. Il y porta sa main, aussi glacial que le métal, et puis visa les airs, il visait le cœur de Dieu, car il en avait envie. Ce n'était pas du plaisir, mais de la rage. Comme il ne pouvait tuer les hommes un à un, il tuerait leur père. Puis il se résigna. Il baissa lentement son arme, et comme le canon pointait un homme assit, la poudre éclata et la balle jaillit. Il n'avait pas appuyer sur la gâchette, et il n'aurait pas voulu. La balle transperça le vieil homme au cheveux gris.

-Vous ne vouliez pas, n'est-ce pas? Fit Nicolas, enfin une partie de lui

-Qui êtes-vous, que me voulez-vous enfin!

Un sourire esquissa sur ses lèvres, un sourire chaleureux, remplit de bonté. Jonathan lui tendait la main. Il pleurait, et chaque goutte d'eau salé qui lui traversait le visage semblait le mutiler. On avait tant tué par cet homme. Il était partout où les hommes vivaient, pourtant personne ne le voyait, ou tous le niait. Personne ne la violence, ni les violents, ni ceux qui la subissaient. On ne faisait que vivre la colère.

On dit que ce jour-là, James a disparu. Et dans un lac de larmes, un petit objet brillait faiblement. La plupart disent que c'était son fusil, ce qui serait logique. Mais non, c'était de la violence que naquit quelque chose de plus pur. Une petite croix en argent, comme pour s'excuser de la bêtise du monde.

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